Histoire de mes tâtonnements pour en définir le meilleur procédé
21 - L'agriculture bio
31 janvier 2009
Pour tout ce qui touche à la démarche bio, je ne saurais trop vous conseiller avant toute recherche d’aller visiter le site :
http://www.eco-sapiens.com/
Il se définit comme « Le Guide d’achat éthique ». Vous y trouverez une multitude d’informations dont je me suis moi-même servi pour vous présenter ce qui suit. Je me suis plus particulièrement penché sur ce qui touche à la vigne et au vin.
En mars 2008, un groupe d’associations, Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe), dont pour la France le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures), publient les résultats d’une campagne d’analyses réalisée sur des vins d’Europe et du monde entier et dénoncent la contamination généralisée de ces vins par des résidus de pesticides.
Voici l’adresse du MDRGF :
http://www.mdrgf.org/
Le rapport précise que les niveaux de contamination observés dans le vin sont considérablement plus élevés que les niveaux tolérés pour les pesticides dans l’eau puisque qu’on a trouvé dans certains vins testés des quantités jusqu’à plus de 5.800 fois supérieures aux Concentrations Maximales Admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l’eau du robinet !
La vigne est en effet la culture qui reçoit le plus de traitements chimiques. (20 % des pesticides utilisés en agriculture, pour 3 % de la surface agricole). Parmi les résidus trouvés, de nombreuses molécules sont des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des neurotoxiques.
Pour en savoir un peu plus de façon ludique sur tous les produits toxiques que nous utilisons, allez lire la BD :
http://www.mdrgf.org/pdf/BD_Pesticide_Fr.pdf
Des viticulteurs conscients des dangers, de plus en plus nombreux, choisissent de se tourner vers d’autres formes de production. Il y a ainsi plusieurs types de viticulture non traditionnelle : raisonnée, biologique (labels AB et Nature et progrès), bio-dynamique (label Déméter).
L’agriculture raisonnée
En France, Elle est régie depuis 2002 par des textes officiels et est appliquée par plus de 90 % des agriculteurs.
Le Décret n°2002-631 du 25 avril 2002 relatif à la qualification des exploitations agricoles au titre de l'agriculture raisonnée (Version consolidée au 6 août 2006) explique ce qu’elle est :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000224876&dateTexte=
« Les modes de production raisonnés en agriculture consistent en la mise en œuvre, par l'exploitant agricole sur l'ensemble de son exploitation dans une approche globale de celle-ci, de moyens techniques et de pratiques agricoles conformes aux exigences du référentiel de l'agriculture raisonnée. »
Les exigences nationales détaillées de ce référentiel sont parues dans l’arrêté du 30 avril 2002 modifié par l’arrêté du 20 avril 2005 (il y a aussi des exigences régionales particulières). On trouve ce décret à l’adresse :
http://agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/a_300402_ref.pdf
L'agriculture raisonnée est un mode de culture et d'élevage dont l'objectif premier est de réduire la quantité de substances chimiques utilisées, et de minimiser leur impact sur l'environnement. Cela reste tout de même, de facto, une agriculture industrielle :
– Utilisation pour les plantes d'engrais minéraux artificiels, issus du pétrole, pour doper au maximum la croissance et protection contre les maladies par l'utilisation de produits phytosanitaires de synthèse.
– Sélection génétique des plantes pour répondre aux impératifs économiques : pour arrivée prévisible à maturité, aspect, durée de conservation, résistance aux chocs pour les transports.
– Concentration géographique et spécialisation des cultures pour des raisons exclusivement économiques ne tenant guère compte de l’appauvrissement accéléré des sols dû à la monoculture.
Rappelons qu’à la suite du Grenelle de l’Environnement, la France a décidé de réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici 10 ans, et de supprimer progressivement les molécules les plus dangereuses du marché. C’est l’objet du Plan Ecophyto 2018, présenté en septembre 2008 et que l’on peut trouver ici :
http://agriculture.gouv.fr/sections/magazine/focus/phyto-2018-plan-pour/ecophyto-2018-plan-pour6154/downloadFile/FichierAttache_5_f0/PLAN_ECOPHYTO_2018.pdf?nocache=1221140711.3
L’agriculture raisonnée reste toutefois une démarche bien timide pour la protection de l’environnement et de notre santé, car elle privilégie le rendement tout comme l’agriculture industrielle.
La viticulture biologique
L’agriculture biologique peut se définir comme un mode de production basé sur la gestion de l’activité microbienne du sol, le recyclage des déchets organiques, un meilleur équilibre des cultures, le respect de l’environnement et des équilibres naturels, la recherche d’une production dépourvue de résidus de pesticides.
Les agriculteurs biologiques appliquent des méthodes culturales spécifiques comme le compostage des déchets organiques, des rotations appropriées avec introduction de légumineuses, les engrais verts, la lutte biologique contre les maladies et les ravageurs. L’emploi de produits chimiques organiques de synthèse est prohibé, que ce soit en matière de fertilisation ou de lutte contre les adventices, les maladies et les ravageurs.
L’Institut Technique de la Viticulture Biologique en explique les principes appliqués à la viticulture à cette adresse :
http://www.viticulture-oenologie-formation.fr/vitioenoformlycee/vinbio/viticulture-biologique.html
Une nourriture saine et équilibrée du sol (engrais et amendements d’origine organique et minérale) et la mise œuvre de pratiques favorisant un enracinement profond permettent une production de qualité sur la durée, une vigne en bonne santé et l’expression des caractéristiques du terroir (travail du sol uniquement mécanique, enherbement des sols pour éviter l’érosion et favoriser l’enrichissement organique, maintien de la biodiversité).
Pour éviter les maladies et le parasitisme, on privilégie les mesures préventives en utilisant les prédateurs naturels des ravageurs. Par exemple, les vers de la grappe peuvent être combattus par une préparation de bactéries. La technique de la confusion sexuelle est également utile dans certains cas. Des recherches actuelles tentent de limiter l'utilisation du cuivre pour lutter contre le mildiou.
Une bonne protection du vignoble biologique commence donc par une observation suivie et attentive des parcelles afin de détecter le plus précocement possible les symptômes de maladies et les attaques de ravageurs, mais aussi les faiblesses du vignoble et les zones sensibles.
Pour résumer, la viticulture biologique privilégie les techniques non chimiques qui renforcent la terre et la plante dans ses défenses naturelles, grâce à un équilibre microbien. Pour autant, tous les problèmes ne sont pas résolus, mais à terme, l'activité biologique des sols est préservée.
Le label AB et la nouvelle législation européenne
Le plus connu sur nos étals, accordé aux producteurs qui respectent les exigences citées ci-dessus est le label AB :
Le nouveau règlement européen sur l'agriculture biologique est entré en vigueur le 1er janvier 2009. S’il présente l’avantage d’harmoniser les pratiques, il est, sur un point au moins, plus laxiste que l’ancien règlement français : Le seuil de tolérance de la présence d’OGM dans les produits étiquetés bio, qui était jusqu’alors en France de 0,1 %, passe à 0,9 %.
En ce qui concerne les aliments préparés, le produit doit, pour arborer le label bio, contenir plus de 95% d'ingrédients bio, les 5% restant n'étant admis que s'il n'existe pas d'équivalent en bio.
Si vous voulez en savoir plus, voici le texte intégral du nouveau règlement européen sur lequel s’aligne donc le label AB :
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:264:0001:0002:FR:PDF
Deux autres labels se maintiennent et se développent, dont les critères d’attribution sont plus draconiens encore : le label Déméter relatif à l’agriculture biodynamique et le label Nature et Progrès. Vous en trouverez la présentation dans les chapitres suivants : Plus loin que le bio, la biodynamie et les labels Déméter et biodyvin et Le label Nature et Progrès.
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