Histoire de mes tâtonnements pour en définir le meilleur procédé
7 - Comment lancer ma propre fabrication de balsamique traditionnel ?
20 décembre 2008
C'est une idée folle. mais elle va occuper ma retraite : Je veux produire du balsamique "traditionnel", comme à Modène.
Tout d’abord, il me faudra trouver un viticulteur susceptible de me fournir le raisin, mais je suis aujourd’hui plus inquiet pour les fûts : Où acheter une batterie de cinq ou six tonneaux de plus en plus petits, dont seul le premier est en chêne, les autres étant en châtaignier, cerisier, frêne et murier… Et si j’allais à la source ? Je me suis permis d’envoyer un e-mail au président du consortium de Modène, le priant aimablement de me donner des adresses de fabricants de tonneaux… S’il me répond (allez donc savoir pourquoi, j’en doute…), je vous le ferai bien entendu savoir.
Je n’ai en tous cas pas trouvé chez les tonneliers français présents sur internet de grandes variétés de volumes. Quant aux bois, on trouve surtout du chêne, un peu de châtaignier, rarement de l’acacia et du frêne, jamais de mûrier…
Ensuite, dans 12 ans, il me faudra moi aussi disposer de bouteilles atypiques, noblesse du produit oblige. Vous me direz que, là, je ne suis pas du tout pressé…

J’ai trouvé cependant des bouteilles qui ont, elles aussi, un cul très épais. Avez-vous entendu parler des pots lyonnais ? Ce sont des bouteilles traditionnelles utilisées dans les fameux bouchons de Lyon, ces restaurants atypiques où l’on vous sert de vieilles spécialités lyonnaises, et notamment le tablier de sapeur (gras double).
On en trouve le descriptif (et on peut en acheter) sur le site :
http://www.oxygenes.com/pot-lyonnais.php
Les pots lyonnais de 46 cl sont utilisés depuis des générations dans les « bouchons », dont ils sont les mascottes. Ils sont utilisés pour mettre sur table le vin tiré du tonneau.
Leur fond de bouteille de 4 cm d'épaisseur qui les fait aussi appeler « gros cul », leur donne une bonne stabilité sur la table. Leur fabrication artisanale en verre de récupération au ton légèrement vert, les bulles dans le verre et les formes irrégulières de leur paroi en font tout le charme.
Deux contenances sont possibles : 46 et 25 cl. C’est décidé, je prendrai les plus petits. Trois pots pour 20 €, c’est correct… En voici les caractéristiques : Hauteur : 22,8 cm, diamètre du corps de bouteille : 60 mm, diamètre extérieur du goulot : 30 mm, diamètre intérieur du goulot : 17.8 mm, fond de bouteille en verre : 24 mm, poids : 0.464 Kg.
Ils sont lourds, ces pots lyonnais ! Celui de 46 cl pèse plus d’un kg !
Restera à dessiner une belle étiquette.
J’y ai déjà songé : sachez que ma rue portait autrefois le nom de « rue du Vieux Gibet ». Je vois bien un voleur de grand chemin risquer « le gibet » pour une bouteille de ce fameux nectar balsamique…
Mais j’y songe… Le Gibet, n’est-ce pas un dessin à l’encre noire de Victor HUGO ? Vous n’ignorez pas qu’il était, bien avant tout le monde, un farouche adversaire de la peine de mort.Il s’était associé aux démarches d’un écrivain (Henri Emile CHEVALIER, 1828-1879) qui avait, dans un ouvrage intitulé Le Gibet, lancé un appel au gouvernement américain pour qu’il ne pende pas un certain John BROWN :
« Quant à moi, qui ne suis qu’un atome, mais qui, comme
tous les hommes, ai en moi toute la conscience humaine, je m’agenouille avec larmes
devant le grand drapeau étoilé du Nouveau Monde, et je supplie à mains jointes,
avec un respect profond et filial, cette illustre République américaine, sœur
de la République française, d’aviser au salut de la loi morale universelle, de
sauver John Brown, de jeter bas le menaçant échafaud du 16 décembre et de ne
pas permettre que sous ses yeux, et j’ajoute en frémissant, presque par sa
faute, le premier fratricide soit dépassé. Oui, que l’Amérique le sache et y
songe, il y a quelque chose de plus effrayant que Caïn tuant Abel, c’est
Washington tuant Spartacus. » Victor
HUGO
Voici le dessin, particulièrement sombre, que Victor HUGO aurait dessiné pour l’occasion (en 1851 ou en 1854) et qui fait partie du Fonds des dessins et miniatures du Louvre.
Je lui ai, quant à moi, donné quelques couleurs, ai remplacé le sinistre pendu par une bouteille de balsamique et changé l’épitaphe « Ecce » (référence au Ecce Homo, du Christ en Croix) en :
Et pour une bouteille
de cet aigre nectar,
il risqua le gibet…
Ce serait une étiquette assez originale pour les futures productions de la « Vinaigrerie du Vieux Gibet »…
On a le temps d’y repenser. Revenons sur terre, et prenons les sujets dans l’ordre.
Si nous étudions l’histoire du vinaigre balsamique ?
Et si nous cherchions à en savoir plus sur son mode historique de fabrication ?
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